Interviews

French Christmas Market traders

King Street French Christmas Markets
The French Christmas Market is located on the pedestrianised section of King Street, between Cross Street and Deansgate.  Specialist French food and drink, soaps, perfumes, bags, crafts, table decorations, flowers and plants. For more information, visit Manchester City Council.

University of Manchester students Frances Twelvetree and Roseanna Sale interviewed some of the market traders in December 2012. Listen to the interviews here:

Gaelle Flower

Entretien avec Gaëlle Flower par Nadia Atchia

Gaëlle Flower est enseignante à l’Université de Manchester depuis 2001, où elle enseigne le français et « le français des affaires ». Elle est passionnée de langues, de course et par sa famille. Cet entretien a été enregistré et transcrit par Nadia Atchia, étudiante de deuxième année en anglais et français à l’université de Manchester.

Pourquoi avez-vous décidé de devenir enseignante? Je pense que j’avais cette idée en tête quand j’étais petite déjà. Premièrement, j’ai toujours aimé l’anglais, dès que j’ai commencé de faire de l’anglais en 6ème et puis, j’ai toujours admiré mes enseignants. Donc, la combinaison des deux, ça fait que j’ai fait des études d’anglais dans le but de devenir enseignante. Quand on fait des études d’anglais et quand on veut être enseignant, on va passer une année dans un pays anglophone et j’ai eu ma première expérience vraiment professionnelle- c’était assistante d’anglais à Plymouth et j’ai bien aimé ; donc voilà j’ai continué sur cette voie. En fait je me suis rendue compte que j’aime beaucoup enseigner le français aux étranger et j’ai fait une maitrise de « français langue étrangère » pour pouvoir enseigner le français plutôt que l’anglais.

Quelles autres langues parlez-vous à part l’anglais et le français? Pourquoi avez-vous décidé d’apprendre ces langues en particulier? Alors, l’anglais parce que c’était obligatoire à l’école, ensuite j’ai dû choisir une deuxième langue et j’ai choisi l’allemand parce que mon professeur m’a dit « tu es bonne en français, en grammaire et tu seras bonne en allemand ». J’ai choisi l’allemand plutôt que l’espagnol et ensuite quand je suis entrée en seconde, j’ai choisi une 3ème langue qui était l’espagnol. J’adorais l’espagnol, je n’ai jamais tellement aimé l’allemand et j’ai fait de l’espagnol pendant très longtemps. Puis ensuite, j’ai aussi vécu en Hongrie alors j’ai appris le hongrois mais je ne le parle pas couramment. J’ai faire une année de russe aussi alors j’ai quelques notions de russe.

Est-que ce l’apprentissage de ces langues vous a donné un avantage dans le monde du travail? Oui, dans une certaine mesure parce que j’ai pu voyager et être à l’aise dans un monde cosmopolite. Donc, comme mon travail est directement lié aux langues, quand je suis arrivée en Angleterre par exemple, même si j’enseignais le français, je pouvais m’exprimer en anglais alors ça ma aidée, aussi en Hongrie, parce que j’ai pu enseigner l’anglais et le français.

Quels conseils donneriez-vous pour les étudiants de français? S’il on a 10 minutes de libre, quelle activité pourrait-on faire pendant ce temps pour améliorer un aspect de son français? Il y a 4 compétences : lire, parler, écrire et finalement écouter. Je dirais que c’est une très bonne habitude si on a 10 minutes d’écouter la radio. Ou téléphoner à un ami francophone pendant 10 minutes !

Pour postuler à un emploi en France, quel serait votre première ‘top tip’? Pour les étudiants : être clair et précis, c’est les deux qualités qui vont vous permettre d’aller plus loin.

Pour les étudiants qui vont à l’étranger l’année prochaine, comment pensez-vous qu’ils puissent profiter au maximum de cette expérience? Eviter les amis anglophones et s’immerger dans la culture dans la vie française en faisant des activités sportives ou culturelles. C’est très important de lier le plaisir avec la langue française ! Donc on peut s’asseoir à un bureau et étudier la grammaire mais je ne pense pas que ça apporte énormément de plaisir ! Par contre, on peut décider de jouer au football, ou chanter dans une chorale, ou de faire des loisirs qui peuvent nous permettre de parler le français.

Un des vos étudiants m’a informé que vous participez à des marathons. Comment êtes-vous devenu intéressée par la course? Depuis toute petite, je cours. En fait, depuis l’âge de 7 ans. À l’école, on nous faisait courir mais en dehors de l’école j’étais dans un club de sport et j’ai remarqué que j’aimais bien courir mais aussi que j’étais assez bonne et ce n’est pas tout le monde qui est bon en course ! J’aime bien courir quand j’ai un but précis, un ‘challenge’. Donc j’ai commencé avec une course de 5km et puis ça c’est bien passé alors je me suis inscrite pour faire 10km. Ensuite, un semi marathon, et puis un jour je suis arrivée au travail et j’ai dit à Annie (Annie Morton, autre prof de français), « je me suis inscrite pour le marathon de Manchester! »

Finalement, si vous étiez échouée sur une île déserte et vous pouviez apporter seulement un objet, qu’emporteriez-vous et pourquoi? Je vais être sentimentale et dire une photo de ma famille.

Ludovic Piot (Epicerie Ludo, Chorlton)

Ludovic Piot (Epicerie Ludo, Chorlton) was interviewed by Frances Twelvetree and Charlotte Pangraz. Listen to the interview here!

See also the Epicerie Ludo entry on our City Places page

Nathalie Lacroute

Entretien avec Natalie Lacroute

Nathalie Lacroute est professeur de français à l’université de Manchester et membre actif de l’Alliance Française de Manchester.

L’interview qui suit a été réalisée et transcrite par Jorge Cerrato Pacheco, étudiant de deuxième en français et chinois à l’université de Manchester.

Pouvez-vous vous présenter brièvement?

Je m’appelle Nathalie Lacroute, je suis française, originaire d’Orléans. Je suis professeur de français à l’Université de Manchester et je travaille aussi à l’Alliance Française de Manchester.

Quelles études avez-vous faites? Où et pourquoi avez-vous décidé de les faire ?

J’ai étudié tout d’abord dans une classe préparatoire dans une Grande École à Orléans, qui n’est pas très loin de ma ville d’origine, et j’ai fait deux ans là-bas. J’ai aussi préparé des concours dans des matières assez littéraires. Ensuite, j’ai rejoint l’université et j’ai fait d’abord une dernière année de licence en anglais, et puis un stage de littérature anglaise qui m’a amenée également à partir en tant qu’étudiante Erasmus à l’université de Leeds.

Quel type d’étudiante étiez-vous au lycée? Y-a-t-il une expérience amusante que vous pouvez me raconter?

J’étais plutôt une étudiante studieuse au lycée et, à l’époque, j’ai étudié pour un baccalauréat scientifique. L’expérience la plus amusante que j’ai vécue au lycée a été quand je suis parti dans un échange scolaire en Irlande. Pendant deux semaines, j’ai rencontré des gens qui ont une culture assez différente, et aussi une culture de la fête et de l’alcool que je ne connaissais pas. Je me suis trouvée dans une discothèque à l’âge de 15 ans, ce qui était absolument inconcevable en France et donc, j’ai découvert la culture irlandaise et ça m’a beaucoup plu effectivement.

Pourriez-vous me raconter une blague française?

J’ai une devinette pour vous en français, donc il faut que vous soyez attentif:

– Qu’est-ce qu’un zéro dit à un huit?

– Il lui dit: Ah! Tu as une jolie ceinture.

C’est une blague pour les enfants.

Vous êtes originaire de quelle région en France? Qu’aimez-vous le plus dans votre région?

Je viens du centre de la France. La ville la plus connue de la région est Orléans. Cette région est célèbre en Angleterre parce qu’il y avait un personnage très célèbre dans l’histoire française, qui s’appelle Jeanne d’Arc, qui s’est débarrassée des Anglais, qui a les « boutés » hors de France. J’ai étudié dans cette ville historique mais, originalement, j’ai passé les six premières années de ma vie dans une ferme dans un petit village, parce que ma région est très rurale. Ce que j’aime le plus c’est justement la nature et les grands espaces de cette région.

Pensez-vous que c’est indispensable de maitriser une langue pour connaitre la culture d’un pays?

Oui, je pense que c’est indispensable de s’intéresser à la langue si on veut se familiariser avec une culture. Je pense, par exemple, que pour bien comprendre tous les détails de la culture anglo-saxonne, on doit bien maitriser la langue anglaise et c’est le même cas pour les étudiants qui veulent apprendre la langue française.

Quand vous étiez étudiante, espériez-vous devenir professeur de français?

Quand j’étais étudiante, je n’ai jamais pensé devenir professeur parce que j’ai décidé que cette matière était plutôt répétitive. Aussi j’étais un peu de nature impatiente et pour être professeur, on doit avoir un peu de patience. Finalement, ce qui m’a intéressée a été la langue, la langue anglaise en particulier et j’ai eu l’occasion de partir en Angleterre d’abord en tant qu’étudiante Erasmus; et puis ensuite je voulais prolonger mon expérience en Angleterre, donc je suis devenue assistante de langue dans des collèges dans la région de Manchester. Cette expérience m’a beaucoup plu et j’ai découvert un univers que je méconnaissais absolument.

Est-ce que vous vous rappelez de votre première classe comme professeur? Comment était-elle?

Non, je ne me souviens pas vraiment de ma première classe en tant que professeur, ça veut dire qu’elle n’était pas trop traumatisante. Mais à l’époque quand j’étais assistante dans deux collèges dans la région de Manchester, je me souviens de m’être sentie dans une classe comme un vrai professeur et c’est où j’ai commencé à apprendre progressivement, donc je pense que c’était une bonne expérience.

Qu’est-ce que vous aimez le plus et le moins du travail de professeur?

Ce que j’aime le plus est le contact avec les étudiants, la classe en elle-même. C’est une grande satisfaction quand on voit que les étudiants progressent et c’est aussi une grande satisfaction de pouvoir apprendre de ses propres étudiants. Cependant, j’ai l’impression parfois que ce sont eux qui sont mes professeurs et qui m’apprennent beaucoup de choses de leur culture, parce que les étudiants viennent des différentes régions de l’Angleterre ou d’ailleurs. Et puis, ce que j’aime le moins c’est peut être tout le caractère administratif qu’il y a derrière, parce qu’on doit remplir beaucoup de papiers et, donc, tout ce que se passe dans les coulisses (‘backstage’), c’est le pire dans la matière de l’enseignant.

Quel a été votre moment le plus amusant en enseignant le français?

Le moment le plus amusant de mon expérience comme professeur a été le jour où j’ai proposé à une classe de faire un karaoké et on a chanté une chanson de rap français, d’un groupe de Paris très célèbre qui s’appelle NTM. Le but c’était simplement de s’amuser et, bien-sûr, de pratiquer la prononciation, parce que dans une chanson de rap, on doit vraiment articuler. Et cette activité était très drôle et les étudiants étaient très participatifs, donc c’est une expérience que je recommande.

Quel conseil donneriez-vous à vos étudiants de français pour l’année à l’étranger?

En préparation pour l’année à l’étranger, je conseillerais à mes étudiants de réfléchir vraiment déjà à quelques objectifs professionnels qu’ils peuvent avoir et de trouver la meilleure option qui correspondra peut-être à un projet professionnel. S’ils veulent devenir enseignants, ils peuvent faire de l’assistanat et s’ils veulent travailler, ils peuvent chercher un stage lié à leur projet professionnel. Puis, je conseillerais de réfléchir à la destination qui leur convient mieux. Certaines personnes préfèrent partir en France dans une grande ville parce que c’est plus dynamique et parce qu’il y a plus de gens, mais parfois ce n’est pas toujours la meilleure option. Ça veut dire qu’il y a parfois des opportunités d’aller dans des plus petites villes, où on s’intègre mieux à la culture locale et on interagit plus facilement avec des personnes sur place. Ils doivent réfléchir à une destination qui leur convient et penser à diffèrents pays ailleurs que la France, parce qu’il y a aussi des destinations plus exotiques.

Olivier Perez

Interview d’Olivier Perez par Charlotte Pangraz

Bonjour, je m’appelle Charlotte et je suis étudiante en deuxième année d’études de français et latin à l’Université de Manchester. J’ai fait une interview avec Olivier Perez, un des tuteurs dans le département de français, dans lequel il travaille depuis 2003.

Où avez-vous étudié ?

J’ai fait mes études à l’Université de Brest qui fait partie de l’université de Bretagne occidentale, donc dans l’ouest de la France. J’ai fait des études d’anglais.

Seulement d’anglais ?

Seulement d’anglais en fait parce que même si en Grande-Bretagne on a tendance généralement à étudier deux matières différentes, en France c’est plutôt une seule matière. Mais j’avais la possibilité de prendre des options, donc j’ai choisi le français langue étrangère.

Ça fait déjà une dizaine d’années que je suis à Manchester. Et j’ai commencé à travailler pour l’université ici, celle de Manchester en septembre 2003.

Etes-vous conscient d’une différence évidente entre le mode de vie en Angleterre et en France ?

Il existe certaines différences, absolument. Si on reprend l’idée d’études, les étudiants français, par exemple, retournent généralement tous les weekends chez leurs parents, alors que les étudiants britanniques ont plutôt tendance à rester dans la ville où ils étudient. On pourrait aussi ajouter que les étudiants français choisissent généralement d’étudier dans l’université la plus proche de chez eux. Alors qu’en Grande-Bretagne les jeunes ont tendance à s’éloigner de la maison. Même si je constate qu’aujourd’hui c’est moins vrai qu’il y a quelques années. C’est sans doute dû peut-être aux coûts supplémentaires qui existent aujourd’hui. Mais je constate que nous avons de plus en plus d’étudiants de Manchester ou des environs de Manchester, ce qui n’était pas le cas il y a cinq ans.

Etes-vous conscient des différences dans votre vie entre la France et l’Angleterre ?

Alors, je peux parler de mon expérience personnelle, je ne sais pas si c’est vraiment objectif car je vis dans une grande ville britannique et je viens d’un petit village en Bretagne, mais c’est vrai que le rythme de vie est très différent. Et même si je compare ce rythme de vie aux villes bretonnes que je connais, comme Brest ou Rennes, je constate qu’il existe certaines différences ici. On a une ville à Manchester qui vit presque 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 avec des magasins ouverts le dimanche, ce qui est beaucoup plus rare en France, surtout dans les petites villes et à la campagne. Donc il semblerait que les Français soient plus attachés à un rythme de vie qui semble aujourd’hui faire un peu défaut en Angleterre, à savoir cinq jours de travail, deux jours de repos. Il semblerait que les rythmes de vie s’accélèrent plus en Grande-Bretagne qu’en France, et qu’en Grande Bretagne la flexibilité prend de plus en plus d’importance alors que les Français restent plus attachés à des journées de repos, fixées à l’avance, le samedi et le dimanche. Peut-être parce qu’ils aiment passer assez de temps en famille. Peut-être que les familles sont plus dispersées en Angleterre. Peut-être que la recherche d’emplois fait que les jeunes ont quitté leur famille relativement tôt. Ça pourrait faire partie des explications.

Etes-vous heureux en Angleterre ?

C’est une question très personnelle, ça. Qu’est-ce que le bonheur ? Je suis satisfait, je dirais.

Mais vous allez souvent en France ?

C’est vrai. Je n’ai jamais vraiment quitté la France. J’y retourne à Noël, à Pâques, pendant l’été aussi. Donc je passe quand même plusieurs semaines par an en France, ce qui a un intérêt particulier pour mon travail puisqu’en tant que tuteur de langue, je pense qu’il faut avoir ces périodes d’immersion totale, le bain linguistique nécessaire afin de ne pas se retrouver détaché de la culture française. Donc à la fois, c’est par plaisir mais aussi, on va dire, par obligation professionnelle.

Et à l’université, à l’école, étiez-vous bon élève ? Avez-vous travaillé dur ?

J’ai fait de mon mieux et ensuite les notes que l’on reçoit sont-elles toujours vraiment représentatives du travail de chacun ? – je ne sais pas – mais, le système français a tendance, dès le début du collège, même la fin de l’école primaire, à juger les élèves, et généralement, j’avais de bonnes notes, mais probablement parce que j’ai passé beaucoup de temps à travailler.

C’est une bonne influence pour nous. Il me semble que vous avez toujours beaucoup d’enthousiasme et de positivité quand vous enseignez. Aimez-vous votre travail ? Qu’est qui vous inspire ?

Qu’est-ce qui m’inspire ? La correction des copies ! Non, tout d’abord, j’aime le contact avec les étudiants. Si on n’a pas le sens du contact, si on n’a pas le goût des relations humaines, je crois qu’on ne peut pas faire ce travail. Ça, c’est la première chose. Ensuite, j’aime enseigner ma langue maternelle, c’est quelque chose que j’apprécie, et je trouve vraiment formidable que des jeunes d’une autre culture s’intéressent à la langue et la culture françaises et francophones. Donc j’ai l’impression de me trouver dans une situation sûrement privilégiée, où j’ai un public de premier choix qui a décidé d’étudier le français ; c’est vraiment très important d’avoir un public passionnant et passionné, ce qui facilite vraiment mon travail. Et, c’est difficile de ne pas arriver avec le sourire quand on travaille avec des jeunes gens qui veulent apprendre, qui sont là parce qu’ils ont décidé d’étudier le français. Je pense que si je donne une impression positive c’est parce les étudiants me rendent cette impression positive et qu’on travaille bien ensemble.

Oui – ça marche ensemble.

Absolument. Moi, je ne crois pas à l’idée de hiérarchie avec le professeur au-dessus de ses étudiants, ça c’est totalement faux. On travaille ensemble, c’est une collaboration.

Particulièrement à l’université.

Absolument. C’est vrai. Nous sommes tous adultes, nous sommes ici parce que nous voulons être ici donc on travaille ensemble, on travaille en collaboration et j’espère que les étudiants ressentent cela et qu’ils se sentent en confiance pour parler et s’exprimer à l’écrit, à l’oral et j’espère qu’ils sont prêts aussi à venir me voir dans le bureau s’ils ont des soucis linguistiques. Les tuteurs sont disponibles chaque semaine pour recevoir les étudiants et ces relations en dehors de la classe sont très intéressantes et fort utiles aussi car parfois on apprend à mieux connaitre les étudiants lors de ces réunions informelles donc durant les heures de visite en particulier.

Parlons de la culture française. Que recommanderiez-vous comme cuisine française ?

Moi j’aimerais parler de la culture culinaire bretonne, puis que ce sont mes origines, et afin de pouvoir satisfaire tout le monde je recommanderais les crêpes. Car elles peuvent être consommées en plat principal, en tant que plat salé, en dessert, en tant que plat sucré, au petit-déjeuner aussi ; on peut manger des crêpes matin, midi et soir. Certainement avec un verre de cidre, de cidre breton, bien entendu. Ensuite c’est vrai qu’en France, il existe une nourriture très variée. Personnellement, j’aime beaucoup les fruits de mer, pas seulement les escargots, mais les huitres un petit peu, plus les palourdes, les langoustines. C’est vrai que j’ai grandi à une vingtaine de kilomètres de la mer donc nous y allions régulièrement. C’est vrai que les fruits de mer ont toujours fait partie, pour moi, d’un repas de qualité. Donc les fruits de mer et les crêpes sont des plats que je recommanderais à nos étudiants.

Et, est-ce que vous parlez d’autres langues ?

J’ai étudié l’allemand au collège et au lycée. Malheureusement, je n’ai pas vraiment pratiqué l’allemand depuis le baccalauréat, ce qui fait déjà un certain nombre d’années. Je ne donnerai pas plus de précision ! Mais suffisamment d’années pour malheureusement avoir oublié beaucoup de choses, mais j’aimerais un jour faire un stage linguistique en Allemagne et je suis sûr que ça reviendrait progressivement. Je parle aussi un petit peu de breton mais je ne pourrais pas vraiment avoir une conversation, même une conversation générale en breton. Ce sont plutôt des bribes, des mots, des expressions que j’ai pu entendre autour de moi puisque beaucoup de gens de la génération de mes parents parlaient aussi bien le breton que le français. Malheureusement je n’ai pas eu la chance d’avoir cet apport linguistique car dans beaucoup d’écoles en fait on n’apprend que le français.

Et quels pays avez-vous visités, en particulier quels pays francophones ?

Alors, je suis allé en Belgique, je suis allé au Québec. J’ai beaucoup aimé le Québec, la ville de Montréal est vraiment palpitante. La ville de Québec est une très belle ville historique. J’y étais lors des fêtes de la célébration des 400 ans de la ville de Québec. Il y avait beaucoup d’animations, d’activités, qui retraçaient en particulier l’histoire, l’évolution de cette ville depuis sa fondation en 1608. Donc le Québec m’a laissé une super impression. Je trouve l’accent vraiment sublime. Je n’ai pas eu l’opportunité pour l’instant d’aller en Suisse. Je suis allé à Sainte Lucie dans les Antilles. Saint Lucie donc, qui est une petite île tout près de la Martinique où la langue française est utilisée, même si l’anglais domine. Et donc on trouve aussi le créole à part le francais sur l’île,le créole à base de français, plutôt qu’un créole à base d’anglais. Il y a d’autres pays francophones que j’aimerais visiter : le Maroc en particulier.

Pour les étudiants de deuxième année qui sont en train de chercher un emploi en France, avez-vous des conseils ? Avez-vous des recommandations pour le monde du travail en France?

Certainement, je pense que la première étape c’est de se demander « qu’est-ce que j’aimerais faire ? » L’année à l’étranger est une opportunité unique. Il faut vraiment en profiter au maximum. Et pas seulement d’un point de vue linguistique ou culturel mais de développement personnel. Il faut donc vraiment choisir quelque chose qui va nous intéresser en tant qu’étudiants de deuxième année. « Qu’est-ce que j’aime vraiment, qu’est-ce que je voudrais faire ? » Et à partir de là, peut-être que les étudiants peuvent établir une liste de priorités, de domaines de travail qui les intéressent. Ensuite, grâce au travail fait en classe durant le premier semestre à savoir le travail sur les petites annonces, les CV, lettres de motivation, je pense qu’il faut essayer de rechercher en ligne des offres d’emploi et ensuite de donc de poser sa candidature. C’est la première possibilité, répondre à une offre d’emploi existante. Deuxième possibilité, certains étudiants choisissent de poser leur candidature de façon spontanée, ce qui est assez normal, accepté en France, dans le monde du travail. Donc s’il y a une entreprise qui vous attire particulièrement mais qu’il n’y a pas d’offres emploi disponibles, rien ne vous empêche d’envoyer votre CV, votre lettre de motivation et ensuite vous verrez donc comment l’entreprise réagira. Mais je pense qu’il faut vraiment essayer de faire quelque chose qui va vous intéresser, personnellement, et peut-être aussi, si vous avez déjà un plan de carrière, d’essayer de trouver un emploi qui vous donnerait une expérience dans le domaine qui vous intéresse particulièrement ; ce qui vous donnerait un avantage certain par rapport à des étudiants arrivants sur le marché du travail sans expérience réelle dans un domaine particulier. Donc si vous vous intéressez par exemple, je [ne] sais pas, au commerce international, travailler dans une entreprise de commerce international, en pratiquant vos compétences linguistiques en français, en anglais peut-être une troisième langue si vous parlez d’autres langues comme l’allemand, l’espagnol qui sont très répandues dans le monde du commerce, vous aurez certainement un avantage sur des étudiants qui n’auront pas eu cette opportunité.

Et finalement, d’autres conseils pour les étudiants en première année ?

Alors, la première chose vraiment en arrivant à l’université c’est de s’adapter à un mode de vie vraiment différent. On est loin de la maison, donc on doit vraiment se prendre en main. C’est à dire que la responsabilisation de l’étudiant est essentielle. Quand on fait le choix de venir à l’université pour étudier telle ou telle matière, c’est parce qu’on a une certaine ou une réelle motivation. Il faut donc se baser sur cette motivation, sur son désir d’apprendre, sur les choix que l’on a fait, pour se lever le matin, venir en cours, suivre les cours, faire les devoirs, mais au-delà de tout ça, aujourd’hui nous insistons de plus en plus sur le travail personnel. Donc réussir la transition entre le monde du secondaire et le monde des études supérieures, c’est réussir à travailler au-delà du travail donné par l’enseignant. C’est à dire que le professeur va évidemment guider les étudiants mais l’étudiant a aussi besoin d’évaluer ce qui lui manque. L’évaluation des besoins, ensuite l’action, ou les actions à mener. Ensuite on va essayer de réfléchir aux acquis « Qu’est-ce que j’ai réussi à faire ? Quels progrès ai-je déjà accompli ? » Et une fois qu’on a fait ce bilan, on peut ensuite se donner d’autres objectifs. Mais cela implique un travail régulier, donc la qualité du travail est essentielle, mais la quantité aussi et de façon régulière. La prise en main de l’étudiant dès la première année est essentielle. Et si cette transition n’est pas toujours aisée, pour ce qui est des études, l’étudiant peut toujours contacter ses tuteurs, ses professeurs qui pourront l’aider certainement. Ensuite, pour ce qui est de la transition dans la vie privée, elle se passe généralement de manière plus naturelle.

Merci beaucoup Olivier pour vos réponses.

Joe McGonagle

Questions posées à Dr. Joseph McGonagle

Dr. Joseph McGonagle est professeur en « études culturelles dans le monde francophone » à l’université de Manchester depuis 2006. Ses spécialités sont les représentations ethniques dans la France contemporaine et dans la culture visuelle francophone, et les représentations visuelles des relations franco-algériennes. Il est très intéressé par le cinéma et la photographie française et mondiale.

Cet entretien a été réalisé et transcrit par Jess Hodge, étudiante de deuxième année qui étudie le français et les « études européennes » à l’université de Manchester.

Quel est votre pays francophone préféré et pourquoi ?

Alors, c’est une très bonne question, je dirais d’abord la France parce que c’est le pays que je connais le mieux, mais j’aime bien aussi la Belgique et aussi bien sûr j’aime bien l’Algérie.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants pour améliorer leur niveau d’oral de français ?

Pratiquez ! Autant que possible, c’est ça la solution. Trouvez un francophone qui habite ici et parlez ensemble chaque semaine autant que possible et aussi un conseil général pour les étudiants, je dirais qu’il faut absolument écouter du français chaque jour, par exemple depuis l’internet ou à la radio, c’est très important, je pense, pour apprendre le français.

Quel est votre film français favori?

Quelle question ! Je ne sais pas si je vais arriver à choisir un film favori, mais un film que j’adore et qui est en français c’est un film qui s’appelle Trois Couleurs Bleu, c’est par un réalisateur polonais qui s’appelle Krzysztof Kieslowski et une des vedettes principales c’est Juliette Binoche. C’est un film qui date de début des années 90 et ça s’appelle Trois Couleurs Bleu.

Pourquoi est-ce que vous avez choisi de faire des recherches sur les relations entre la France et L’Algérie ?

Une excellente question, je pense que la raison pour laquelle j’ai fait des recherches sur l’Algérie c’est que depuis mes premiers séjours en France, j’ai toujours constaté que l’Algérie est un pays qu’on évoque souvent dans les medias et c’est un pays avec lequel de nombreux Français ont des liens très importants. Donc, j’ai appris pas mal de choses sur l’Algérie pendant mes séjours en France et je pense que c’est à partir de ce moment-là que je me suis dit, tiens c’est important, c’est intéressant, je vais me renseigner sur ce pays, sur cette culture et donc c’est à partir de ce moment que j’ai commencé à avoir l’idée de faire des recherches sur l’Algérie.

Selon votre opinion, quelle est la capitale gastronomique de France?

Tout le monde dit que la capitale gastronomique de la France c’est Lyon mais j’ai visité Lyon seulement deux fois dans ma vie et j’ai bien aimé la cuisine là-bas, mais moi je connais mieux Paris, donc moi je dirais Paris.

Quels sont les sites culturels que vous aimez dans le monde francophone ?

À Paris par exemple vous avez tous les musées, l’architecture, la cinémathèque française, on pourrait dire peut-être que Paris la ville, elle-même, c’est un site culturel, parce que ce que j’adore faire quand je suis à Paris c’est tout simplement marcher, marcher dans la rue.

Pensez-vous que les relations entre l’Algérie et la France se sont améliorées depuis la fin de la guerre en 1962 ?

Je pense qu’il faut dire oui quand même, même si les relations ont été plusieurs fois tendues au niveau diplomatique, au niveau politique entre les deux pays, je pense que quand même depuis 1962, depuis la fin de la guerre, oui les choses se sont améliorées considérablement. Sur le plan humain bien-sûr, il y a des millions de gens qui ont des contacts entre les deux pays et ils regardent les pays d’un point de vue plus normal quoi, donc je pense qu’on doit répondre par oui, tout simplement, même s’il y a toujours des controverses entre les deux pays.

Quels sont les conseils que vous donneriez aux étudiants pour l’année à l’étranger?

Je dirais qu’il faut vraiment réfléchir, par rapport à ce que vous aimerez faire parce qu’une année c’est long, donc il faut vraiment s’imaginer devant un groupe d’élèves dans un collège, est-ce que ça va vous plaire ? Est-ce que c’est quelque chose qui va vous intéresser aussi ? Aussi il faut bien-sûr prendre en compte le lieu : où est-ce que vous aimeriez étudier : en France ou dans un pays francophone ? Je pense qu’ici heureusement pour vous, vous avez un très bon choix de destinations.

Est-ce que vous pensez que c’est indispensable de parler français ou plusieurs langues dans le monde aujourd’hui ?

Je pense que c’est mieux si on parle au moins une langue « mondiale » donc soit le français, soit l’anglais, soit l’arabe, soit le chinois, soit le russe etcetera, et si on arrive à parler deux de ces langues, c’est très bien déjà. Bien-sûr pour comprendre les pays francophones et pour comprendre la culture francophone et française, il faut savoir parler la langue.

Vous pouvez me parler de quelques bons chanteurs ou groupes francophones que nous pouvons écouter ?

Oui, et c’est encore une raison pour laquelle il faut écouter la radio française. Ma station de radio préférée est FIP et ça fait partie de Radio France et là on écoute souvent de la musique jazz mais de la musique pop aussi. La plupart est en français mais des tubes anglais aussi. J’aime bien plusieurs chanteurs et groupes français ; j’aime bien une chanteuse qui s’appelle Camille, qui a une voix extraordinaire et aussi un groupe de deux femmes qui s’appelle Brigitte et elles ont aussi des voix excellentes, donc je vous conseille d’écouter ce groupe et cette chanteuse.

Ecoutez FIP

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