Nathalie Lacroute

Entretien avec Natalie Lacroute

Nathalie Lacroute est professeur de français à l’université de Manchester et membre actif de l’Alliance Française de Manchester.

L’interview qui suit a été réalisée et transcrite par Jorge Cerrato Pacheco, étudiant de deuxième en français et chinois à l’université de Manchester.

Pouvez-vous vous présenter brièvement?

Je m’appelle Nathalie Lacroute, je suis française, originaire d’Orléans. Je suis professeur de français à l’Université de Manchester et je travaille aussi à l’Alliance Française de Manchester.

Quelles études avez-vous faites? Où et pourquoi avez-vous décidé de les faire ?

J’ai étudié tout d’abord dans une classe préparatoire dans une Grande École à Orléans, qui n’est pas très loin de ma ville d’origine, et j’ai fait deux ans là-bas. J’ai aussi préparé des concours dans des matières assez littéraires. Ensuite, j’ai rejoint l’université et j’ai fait d’abord une dernière année de licence en anglais, et puis un stage de littérature anglaise qui m’a amenée également à partir en tant qu’étudiante Erasmus à l’université de Leeds.

Quel type d’étudiante étiez-vous au  lycée? Y-a-t-il une expérience amusante que vous pouvez me raconter?

J’étais plutôt une étudiante studieuse au lycée et, à l’époque, j’ai étudié pour un baccalauréat scientifique. L’expérience la plus amusante que j’ai vécue au lycée a été quand je suis parti dans un échange scolaire en Irlande. Pendant deux semaines, j’ai rencontré des gens qui ont une culture assez différente, et aussi une culture de la fête et de l’alcool que je ne connaissais pas. Je me suis trouvée dans une discothèque à l’âge de 15 ans, ce qui était absolument inconcevable en France et donc, j’ai découvert la culture irlandaise et ça m’a beaucoup plu effectivement.

Pourriez-vous me raconter une blague française?

J’ai une devinette pour vous en français, donc il faut que vous soyez attentif:

– Qu’est-ce qu’un zéro dit à un huit?

– Il lui dit: Ah! Tu as une jolie ceinture.

C’est une blague pour les enfants.

Vous êtes originaire de quelle région en France? Qu’aimez-vous le plus dans votre région?

Je viens du centre de la France. La ville la plus connue de la région est Orléans. Cette région est célèbre en Angleterre parce qu’il y avait un personnage très célèbre dans l’histoire française, qui s’appelle Jeanne d’Arc, qui s’est débarrassée des Anglais, qui a les « boutés » hors de France. J’ai étudié dans cette ville historique mais, originalement, j’ai passé les six premières années de ma vie dans une ferme dans un petit village, parce que ma région est très rurale. Ce que j’aime le plus c’est justement la nature et les grands espaces de cette région.

Pensez-vous que c’est indispensable de maitriser une langue pour connaitre la culture d’un pays?

Oui, je pense que c’est indispensable de s’intéresser à la langue si on veut se familiariser avec une culture. Je pense, par exemple, que pour bien comprendre tous les détails de la culture anglo-saxonne, on doit bien maitriser la langue anglaise et c’est le même cas pour les étudiants qui veulent apprendre la langue française.

Quand vous étiez étudiante, espériez-vous devenir professeur de français?

Quand j’étais étudiante, je n’ai jamais pensé devenir professeur parce que j’ai décidé que cette matière était plutôt répétitive. Aussi j’étais un peu de nature impatiente et pour être professeur, on doit avoir un peu de patience.  Finalement, ce qui m’a intéressée a été la langue, la langue anglaise en particulier et j’ai eu l’occasion de partir en Angleterre d’abord en tant qu’étudiante Erasmus; et puis ensuite je voulais prolonger mon expérience en Angleterre, donc je suis devenue assistante de langue dans des collèges dans la région de Manchester. Cette expérience m’a beaucoup plu et j’ai découvert un univers que je méconnaissais absolument.

Est-ce que vous vous rappelez de votre première classe comme professeur? Comment était-elle?

Non, je ne me souviens pas vraiment de ma première classe en tant que professeur, ça veut dire qu’elle n’était pas trop traumatisante. Mais à l’époque quand j’étais assistante dans deux collèges dans la région de Manchester, je me souviens de m’être sentie dans une classe comme un vrai professeur et c’est où j’ai commencé à apprendre progressivement, donc je pense que c’était une bonne expérience.

Qu’est-ce que vous aimez le plus et le moins du travail de professeur?

Ce que j’aime le plus est le contact avec les étudiants, la classe en elle-même. C’est une grande satisfaction quand on voit que les étudiants progressent et c’est aussi une grande satisfaction de pouvoir apprendre de ses propres étudiants. Cependant, j’ai l’impression parfois que ce sont eux qui sont mes professeurs et qui m’apprennent beaucoup de choses de leur culture, parce que les étudiants viennent des différentes régions de l’Angleterre ou d’ailleurs. Et puis, ce que j’aime le moins c’est peut être tout le caractère administratif qu’il y a derrière, parce qu’on doit remplir beaucoup de papiers et, donc, tout ce que se passe dans les coulisses (‘backstage’), c’est le pire dans la matière de l’enseignant.

Quel a été votre moment le plus amusant en enseignant le français?

Le moment le plus amusant de mon expérience comme professeur a été le jour où j’ai proposé à une classe de faire un karaoké et on a chanté une chanson de rap français, d’un groupe de Paris très célèbre qui s’appelle NTM. Le but c’était simplement de s’amuser et, bien-sûr, de pratiquer la prononciation, parce que dans une chanson de rap, on doit vraiment articuler. Et cette activité était très drôle et les étudiants étaient très participatifs, donc c’est une expérience que je recommande.

Quel conseil donneriez-vous à vos étudiants de français pour l’année à l’étranger?

En préparation pour l’année à l’étranger, je conseillerais à mes étudiants de réfléchir vraiment déjà à quelques objectifs professionnels qu’ils peuvent avoir et de trouver la meilleure option qui correspondra  peut-être à un projet professionnel. S’ils veulent devenir enseignants, ils peuvent faire de l’assistanat et s’ils veulent travailler, ils peuvent chercher un stage lié à leur projet professionnel. Puis, je conseillerais de réfléchir à la destination qui leur convient mieux. Certaines personnes préfèrent partir en France dans une grande ville parce que c’est plus dynamique et parce qu’il y a plus de gens, mais parfois ce n’est pas toujours la meilleure option. Ça veut dire qu’il y a parfois des opportunités d’aller dans des plus petites villes, où on s’intègre mieux à la culture locale et on interagit plus facilement avec des personnes sur place. Ils doivent réfléchir à une destination qui leur convient et penser à diffèrents pays ailleurs que la France, parce qu’il y a aussi des destinations plus exotiques.

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